Sollicité ces derniers mois par plusieurs parents d’élèves de ma circonscription au sujet du manque d’AESH et des notifications de la MDPH qui ne sont pas suivies d’effet, je me suis adressé à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, ce mardi 3 février, à l’occasion d’une « Question Orale Sans Débat » à l’Assemblée Nationale.
Ces « Questions Orales Sans Débat » donnent l’occasion aux députés de poser une question spécifique relative à un problème rencontré dans leur circonscription. Ce sont des questions souvent techniques posées au gouvernement, ce qui explique l’absence des autres députés dans l’hémicycle.
Je me suis appuyé, dans ma question, sur plusieurs exemples très concrets dont me témoignent des parents que je reçois à ma permanence parlementaire.
Dans sa réponse, M. le Ministre a reconnu « les difficultés à répondre à l’intégralité des besoins » qui sont, selon lui, liées à des difficultés de recrutement, et à un nombre d’élèves reconnus en situation de handicap qui augmente fortement depuis plusieurs années. Il s’est interrogé sur « le tout-accompagnement humain », affirmant que l’école inclusive « ne peut pas reposer entièrement sur les AESH ». Il a plaidé pour une nouvelle logique reposant « d’abord sur l’accessibilité, et ensuite seulement la compensation », prenant en exemple les PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité) qui offrent selon lui « une réponse à 360° en lien avec les éducateurs du médico-social », nécessitant au final moins d’AESH.
Je considère, pour ma part, cette réponse comme insatisfaisante : elle vise uniquement à justifier le refus de l’Education nationale de mobiliser davantage de moyens pour accompagner les enfants en situation de handicap. Quant aux « difficultés de recrutement », elles sont évidemment liées à l’absence d’un réel statut pour les AESH, employées avec des contrats précaires, à temps partiels, et rémunérés en moyenne 850 € par mois. L’intégration des AESH au sein de la Fonction Publique permettrait d’y remédier, et pourtant le gouvernement s’y est jusqu’ici opposé.
Je continuerai à me mobiliser, à la fois localement pour les cas spécifiques des enfants dont je suis saisi, et à la fois au plan national pour que l’Education Nationale assume ses responsabilités et qu’elle dégage les moyens nécessaires à l’accompagnement de chaque enfant qui le nécessite.