J’ai effectué l’explication de vote sur ce texte, pour le compte de mon groupe parlementaire.
Je fais part de cette conviction : l’illusion et l’instrumentalisation ne protègent pas les enfants !
En tant qu’ancien professionnel exerçant dans le champ de la protection de l’enfance, je suis effaré et attristé de voir la tournure que les débats ont pris sur un sujet qui exige pourtant sérieux et rigueur.
Bâti de manière totalement anarchique et ne répondant en rien aux véritables enjeux de la protection de l’enfance, ce projet de loi n’est qu’une vaste manœuvre politicienne et à ce titre, le gouvernement commet un faux pas moral et politique impardonnable au regard des attentes légitimes des victimes, de leurs familles, des professionnels et des associations.
Le gouvernement a utilisé ce texte, et les drames les plus récents, pour satisfaire les velléités populistes à droite et à l’extrême-droite de l’hémicycle.
PERPÉTUITÉ ? Je n’ai pas d’avis tranché sur cette question.
Beaucoup semble être savants en la matière, sans avoir pris la peine d’ouvrir un seul des rapports existants sur ce sujet, sans même lire ou écouter ce que nous disent les associations de victimes qui ne demandent pas la perpétuité.
Non, le populisme crasse est bien plus pratique et les campagnes de calomnie orchestrées par l’extrême droite bien plus attrayantes et faciles à relayer.
Polémiquer sur un sujet aussi grave, c’est faire peu de cas des victimes et de leur parole.
Et puis, les questions de proportionnalité et d’échelle des peines deviennent vites accessoires quand il s’agit de soutenir une opinion en mode « café du commerce ».
Mais comme prévu, la présence de ce sujet grave et sérieux aura permis au gouvernement de faire diversion pour éviter le débat sur les moyens nécessaires qu’il faudrait allouer à la protection de l’enfance.